A propos de ce blog


Nom du blog :
inesdu8389
Description du blog :
recettes de cuisines , espace enfantin, cinéma, chansons, poèmes, pays, animaux, jeux d'antan etc...
Musique



Catégorie :
Blog Loisirs
Date de création :
22.11.2008
Dernière mise à jour :
03.01.2026

RSS

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Nos chers disparus (4056)
· Expressions anciennes (868)
· Spécialités des régions de France (835)
· Actrices de cinema (55)
· Les séries toutes chaines confondus (241)
· Les contes de Grimm (120)
· Les saints (343)
· Séries policiéres de la 3 (57)
· Les fables de Jean de la Fontaine (242)
· Métiers d'autrefois (459)

Navigation

Accueil
Gérer mon blog
Créer un blog
Livre d'or inesdu8389
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !

Articles les plus lus

· le loup blanc de siberie
· bonne nuit les petits
· Les quatres saisons
· L'Automne
· feuilletons tv des années 60 70 80

· Michelle Mercier
· recette du poulet yassa
· heidi
· L'Hiver
· Proverbe et citation
· La montagne au printemps
· La feuille d'automne
· porte bonheur
· les antilles
· Laura Howard

Voir plus 

Statistiques 11297 articles


Thèmes

homme image prix sur chevaux cheval bonne roman vie moi france place saint amour monde animaux argent couples soi animal photo presse voyage chez sport homme enfants belle fond mode article fantastique musique femme amis photos maison travail mort société histoire pari vedette fille air création dieu arthur femmes nuit 2010 divers nature annonce message texte bleu sourire automne amitié pouvoir film livre jeux

Derniers commentaires Recherche

Brigitte Bardot

Brigitte Bardot

Brigitte Bardot

Brigitte Bardot, également désignée par les initiales « B.B. » ou « BB », est une actrice, mannequin, danseuse, chanteuse, militante des droits des animaux et écrivaine française, née le 28 septembre 1934 à Paris et morte le 28 décembre 2025 à Saint-Tropez.

Figure féminine des années 1950-1970, elle est une star mondiale, l'égérie et la muse de grands artistes de l'époque. Emblème de l'émancipation des femmes et de la liberté sexuelle, elle incarne des rôles de femme libérée, anticonformiste et parfois fatale.

Elle tourne avec plusieurs grands cinéastes, interprétant des personnages à l'élégante légèreté et à la sensualité photogénique. Elle devient rapidement un sex-symbol et acquiert une renommée internationale. Avec à son actif 45 films et plus de 70 chansons en près de vingt et un ans de carrière, Brigitte Bardot est l’une des artistes françaises les plus célèbres au monde.

En 1973, elle met un terme à sa carrière d'actrice pour se consacrer à la défense des droits des animaux et crée la fondation Brigitte-Bardot. Par son engagement, elle obtient notamment la généralisation de l'usage du pistolet d'abattage dans les abattoirs et l'interdiction par le président de la République française Valéry Giscard d'Estaing de l'importation de peaux de phoques en France ; mesure qui, par son action, est généralisée quelques années plus tard à l'ensemble des États membres de l'Union européenne. Elle s'oppose également à la chasse.

À partir des années 1990, elle suscite le débat en raison de prises de position hostiles à l'islam en France. Elle est également condamnée plusieurs fois en justice pour propos racistes et injures publiques.

Biographie
Origines
Brigitte Bardot naît le 28 septembre 1934 au domicile de ses parents, 5, place Violet, dans le 15e arrondissement de Paris[BS 1]. Elle est baptisée Brigitte, Anne-Marie, le 12 octobre[BB 1] et grandit dans une famille bourgeoise catholique parisienne.

Son père, Louis Bardot (1896-1975)[1], est le fils de Charles Bardot (1860-1941)[2], un ingénieur des Arts et Manufactures originaire de Ligny-en-Barrois, en Lorraine[3]. La famille, en cousinage éloigné avec Nicolas Charles Oudinot (1767-1847), maréchal d'Empire et duc de Reggio, est solidement implantée aux commandes de la Troisième République[4]. Jeanne Hyacinthe Marie Claveau (1864-1950)[5], la grand-mère paternelle de Brigitte, est née à Louveciennes (Yvelines). Elle est l'héritière de la propriété où Brigitte et sa famille passeront de nombreuses vacances[a].

Louis Bardot est ingénieur et exerce comme industriel, propriétaire des usines Bardot (appartenant aujourd'hui à Air liquide), dont le siège se trouve rue Vineuse, à Paris[BS 2]. Il écrit à ses heures perdues de la poésie qu'il publie sous le nom de Pilou-Bardot. Un de ses recueils, Vers en vrac, sera récompensé par l'Académie française du prix Paul-Labbé-Vauquelin en 1961[7]. Son épouse, la mère de Brigitte, Anne-Marie Mucel (1912-1978)[8],[BS 3], est la fille d'Isidore Léon Mucel (1881-1958)[9], originaire de Valence (Drôme) et directeur d'une compagnie d'assurances[10], et de Jeanne Louise Grandval (1887-1970), originaire de Paris[11]. Louis et Anne-Marie ne laisseront qu'un faible héritage à leurs enfants et petits-enfants. Parmi cet héritage figure la bibliothèque familiale, élément important de la vie de Louis, écrivain amateur récompensé, qui sera transmise à Nicolas Charrier, fils unique de Brigitte. Cette bibliothèque contenait alors des ouvrages des dignitaires nazis Hermann Goering et Joseph Goebbels, du raciste scientifique Arthur de Gobineau ou encore du collaborationniste Drieu La Rochelle. Y figure, entre autres, un exemplaire de Mein Kampf dédicacé par Hitler lui même[12].

Anne-Marie Mucel passe une partie de sa jeunesse à Milan, en Italie ; ses parents ont une loge à La Scala. Elle souhaite devenir danseuse et actrice.

Elle rencontre Louis Bardot en 1933 et l'épouse la même année. Ils ont 16 ans d'écart d'âge et se vouvoient. À leur domicile, l'intendance est assurée par du personnel de service logé sous les combles et Anne-Marie ne fait jamais la cuisine. À partir de 1942, à respectivement 30 et 46 ans, ils font chambre à part. À cette époque, Anne-Marie crée un atelier de fabrication de chapeaux dans une pièce de son appartement. Elle présente et vend ses pièces à des amies. Après la Seconde Guerre mondiale et jusqu'aux années 1950, elle exerce son activité de modiste, à laquelle elle ajoute alors la couture, et se spécialise dans la robe de débutante[13].

Enfance
Les parents de Brigitte Bardot sont passionnés de cinéma et aiment beaucoup filmer leur famille avec une caméra amateur, une pratique encore rare à cette époque[14]. Il existe ainsi de nombreux films de Brigitte enfant, de ses 2 jours jusqu'à l'âge de 16 ans. Une séquence, tournée en 1939 par sa mère Anne-Marie[15] à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), montre Brigitte à l'âge de 5 ans dans un scénario d'une histoire d'amour champêtre avec un petit garçon, incluant plusieurs scènes de baisers. Cette séquence est diffusée au cours de la première émission de Cinq colonnes à la une, le 9 janvier 1959. France Roche, qui interviewe Brigitte Bardot, fait ensuite venir sur le plateau Michel Igon, son partenaire de l'époque dans cette séquence. Il évoque les nombreux tournages du père de Brigitte Bardot, qui dirigeait sévèrement les enfants en leur administrant parfois des gifles[16].

Enfant, Brigitte Bardot se trouve laide, et se sent mal-aimée[17],[18],[19]. Elle porte un appareil dentaire, des lunettes et présente un léger strabisme[17],[20]. À la suite d'une maladie dans l'enfance, elle est atteinte d'un strabisme paralytique, une amblyopie à l'œil gauche[21]. Ce regard la handicape et elle ne se trouve pas belle. Cependant, cela lui confère une manière particulière d'appréhender le monde extérieur et de déambuler, participant à sa grâce[22].

Sa jeunesse est marquée par une éducation rigoureuse. Lors d'un entretien accordé à Jean Cau, elle attribue son esprit rebelle à l'éducation qu'elle a reçue : « J'ai été élevée par des parents de droite, d'une bourgeoisie austère, qui m'ont donné une éducation assez stricte. J'ai connu la cravache… J'allais dans une école catholique, j'étais surveillée avec une gouvernante. Je ne sortais jamais dans la rue toute seule. J'ai été très tenue jusqu'à l'âge de 15 ans[23]. »

Sa mère n'hésite pas à la gifler « si son corps s'affaisse », afin que sa fille y gagne ce « port de tête altier », qui caractérise l'actrice et qui est perçu par certains comme de l'arrogance[ArticleSB 1].

Dissipée, elle souffre de la préférence de ses parents pour sa sœur cadette, Marie-Jeanne (dite « Mijanou », née le 5 mai 1938)[24].

Scolarité, formation
À l'automne 1940, en pleine guerre, elle commence sa scolarité au cours Boutet de Monvel. Elle est inscrite à l'école de danse Rico à raison d'un jour par semaine. Lors du déménagement de ses parents en 1942 au no 1, rue de la Pompe, dans le 16e arrondissement de Paris[25], elle est scolarisée à temps partiel au cours Hattemer Prignet, rue de la Faisanderie, et entre à l'école de danse de Marcelle Bourgat[26], salle Pleyel dans le 8e arrondissement de Paris, partageant sa semaine entre trois jours d'école et trois jours de danse. À sept ans, elle remporte le 1er prix de danse de sa classe[13],[BB 2]. Elle se passionne pour la danse classique.

En 1943, ses résultats scolaires étant catastrophiques, ses parents l'inscrivent à l'Institut de la Tour, un établissement catholique du 16e arrondissement de Paris[27]. Elle ne peut plus exercer la danse, tombe malade au cours de l'année scolaire, et réintègre l'année suivante le cours Hattemer où elle doit redoubler[13],[BB 3].

Elle reprend la danse. En 1947, elle est reçue au Conservatoire de Paris dans la classe de Jeanne Schwarz (en)[28] et reçoit dès la première année un premier accessit en 1948. En 1949, les archives du Conservatoire mentionnent en dessous de son nom « A concouru. » et en septembre 1950 : « Rayée. »[ArticleSB 1],[BS 4],[13].

Elle quitte le Conservatoire pour le cours de Boris Kniaseff, ancien danseur et chorégraphe du théâtre des Champs-Élysées et des Ballets russes où elle retrouve Leslie Caron qui fréquentait avec elle le cours Bourgat. Kniaseff mène son cours un bâton à la main et frappe ses élèves quand il n'est pas satisfait d'un mouvement. Brigitte, surnommée « Bichette », est gracieuse, elle a les membres déliés, est peu musclée, lente et un peu faible sur les pointes et doit échapper aux coups. Sa rencontre avec Roger Vadim l'éloigne ensuite des cours et elle arrête la danse classique[ArticleSB 1].

Premières expériences professionnelles
En 1948[29], Anne-Marie Bardot convainc le modiste et photographe Jean Barthet de faire participer Brigitte à un défilé de présentation de ses chapeaux. Brigitte se montre timide, gauche et n'ose pas regarder le modiste en face. Sa mère propose alors une forme de défilé nouvelle, loin de la marche sur la plateforme : elle pourra danser et les chapeaux porteront les noms des pas de ballet. Barthet accepte cette originalité et lui fait présenter ses chapeaux sur la musique du Lac des cygnes[28]. Après le défilé Barthet, elle devient mannequin junior pour la maison de couture Virginie Jeune Fille qui propose des tenues style « college » et sport. Grâce à Pierre-André Tarbès, elle devient l'égérie du parfum jeune Ma Griffe de Carven.

À l'âge de 13 ans, elle remplace au pied levé une jeune fille pour une photo dans Jardin des modes, un hasard qui lance sa carrière de modèle pour les magazines[30]. Début 1949, Marie-France de La Villehuchet, une amie de sa mère et rédactrice de Jardin des modes junior, lui fait faire une série de photos et une couverture. Sa famille craint qu'elle devienne cover girl et fréquente un mauvais milieu social. L'autorisation pour faire ces photos lui est donnée lors d'un conseil de famille qui lui permet de poser à condition de ne pas être payée et que son nom n’apparaisse pas. De là proviennent les initiales B.B. ; sa mère l'accompagne aux séances photos[28].

Hélène Lazareff, amie de sa mère et directrice de Elle, la remarque et la choisit pour faire la couverture du numéro spécial du 2 mai 1949 dédié aux jeunes filles et leurs mères, intitulé Vos parents et vous, vos enfants et vous. Elle apparait de profil, brune aux cheveux courts, dans une séance de retouche de sa robe[31].
Le 8 mai 1950, elle refait la couverture du numéro spécial Elle qui porte la légende : « Les jeunes filles sont-elles détestables ? Les jeunes mères sont-elles irréprochables ? ». Elle pose avec un chemisier rayé à haut col Claudine blanc et cravate bleue, une tasse de thé à la main, debout derrière sa mère. Elle devient la mascotte du magazine Elle[BS 5].

En 1951, Christian Foye, un ancien danseur étoile des ballets des Champs-Élysées, demande l'autorisation à ses parents de l'emmener en tournée à Fougères et à Rennes pendant un mois pour un spectacle de ballet. Elle danse avec Sylvia Bordonne. Sa mère l'accompagne pendant une semaine[BB 4],[32].

Rencontre avec Roger Vadim
Le réalisateur Marc Allégret, voyant l'une de ses première photos dans Elle, demande à la rencontrer[BS 6]. Ses parents s'opposent à ce qu'elle devienne actrice ; son grand-père maternel, Léon Mucel dit « le Boum », la soutient dans son projet :

« Si cette petite doit un jour être une putain, elle le sera avec ou sans le cinéma. Si elle ne doit jamais être une putain, ce n’est pas le cinéma qui pourra la changer ! Laissons-lui sa chance, nous n’avons pas le droit de disposer de son avenir[13],[BB 5]. »

En 1949[33], à l'audition, elle fait la connaissance de l'assistant d'Allégret, Roger Vadim, scénariste d'un film en préparation Les lauriers sont coupés. L'admiration est réciproque pour leur côté à la fois altier et décontracté, sans coup de foudre. À propos de cette première rencontre, Bardot s'exprime plus tard en ces termes : « Je n'avais pas l'habitude de rencontrer des hommes aussi beaux, aussi relax, aussi décontractés. Vadim, je l'ai trouvé sublime de beauté, mais bien sûr jamais je n'aurais pensé que je me marierais un jour avec lui. J'allais avoir quinze ans, mais j'avais encore quatorze ans. Ça n'a pas été le coup de foudre, mais ça a été pour moi quelque chose de très très important. Jamais je n'aurais pu penser qu'il tomberait amoureux de moi[33]. »

Vadim de son côté déclare : « J'ai vu entrer quelqu'un qui n'avait pas encore quinze ans. Son anniversaire devait être quelques jours plus tard, le 28 septembre je crois. Superbe, très décontractée. Très à son aise, comme si toute sa vie elle avait été voir des metteurs en scène et de jeunes scénaristes de génie. »

À la question de savoir s'il avait éprouvé un coup de foudre, il répond : « J'ai eu le coup d'admiration. Et c'est tout. Je pensais que c'était une personnalité qui était royale, à sa façon de se tenir, de rire, d'être à son aise, […] très directe, pleine d'humour et amusée à l'idée d'une nouvelle expérience, mais pas du tout convaincue que de faire du cinéma était une chose marrante. » J'ai pensé plus tard, pour décrire ce moment, à une phrase de Balzac qui dit : « L'élégance, c'est de paraître ce que l'on est[33]. »


Brigitte Bardot en 1952[b].
Vadim lui donne la réplique dans des essais pour Les lauriers sont coupés, dont l'Institut national de l'audiovisuel conserve les archives[c]. D'autres sources situent la rencontre de Brigitte Bardot avec Vadim en 1950, après la parution de sa seconde couverture de Elle en mai 1950 : « La rencontre entre Bardot et Vadim est un roman usé. Le cinéaste Marc Allégret tombe sur la couverture du magazine Elle du 8 mai 1950, troublé par le visage d’une jeune fille de 16 ans, brune, coiffée en chignon, portant un chemisier et tenant une tasse de thé. Troublé surtout par le mystérieux sourire de la jeune fille. Allégret assigne alors à son assistant, Roger Vadim, la mission de la retrouver pour une audition[ArticleSB 1]. » L'actrice elle-même, dans son autobiographie de 1996, légende ainsi la photo de cette couverture de Elle du 8 mai 1950 en ces termes :

« Le destin se mit en marche contre ma volonté car le réalisateur Marc Allégret vit cette deuxième couverture Elle et demanda à me rencontrer[35]. »

Pour Les lauriers sont coupés, Marc Allégret recherchait deux jeunes filles. Il repère Françoise Arnoul devant le Théâtre de l'Empire. Les biographies de cette dernière mentionnent qu'« Allégret lui explique son envie de l’associer à une autre jeune fille de son âge, Brigitte Bardot[36] » et que lorsqu'elle est reçue par l'assistant d'Allégret, Roger Vadim lui annonce que « sa partenaire, Brigitte Bardot, est déjà engagée[37]. » L'année exacte des rencontres respectives de Brigitte Bardot et de Françoise Arnoul avec Vadim reste à déterminer.

Le film ne se fait pas ; Brigitte Bardot se lie d'amitié avec Vadim[ArticleSB 1]. À l'insu de ses parents, elle entame aussi de sa propre initiative une liaison avec lui et sèche les cours pour le rencontrer chez lui, dans la chambre de bonne qu'il loue dans l'île Saint-Louis[13],[BB 6].

Vadim vient dans la famille Bardot, où ses parents s'opposent à cette fréquentation et veulent envoyer Brigitte en pension en Angleterre pour 5 ans[ArticleSB 1]. Désespérée, la jeune fille fait une tentative de suicide[38],[39]. Son père renonce à l'envoyer à l'étranger et consent à ce qu'elle continue à voir Vadim, lui interdisant de l'épouser avant ses 18 ans[BS 7].

Carrière
Années 1950
Premiers tournages
Après avoir à nouveau fait la couverture du magazine Elle en janvier 1952, Brigitte Bardot se voit proposer par l'entremise d'un ami de son père son premier rôle dans le film Le Trou normand (1952) réalisé par Jean Boyer avec Bourvil en vedette[40].

Elle n'est pas enthousiasmée par le scénario qu'elle traite d'histoire « cucu la praline » dans ses mémoires[BB 7]. Roger Vadim lui dit qu'elle a tort de faire ce film. Elle accepte ce rôle dont le cachet (200 000 anciens francs) lui permet de débuter une carrière et de devenir autonome, puisqu'elle abandonne ses études et la danse. Ce premier tournage de trois mois est pour elle un moment très difficile. Raillée pour son jeu maladroit et humiliée par la maquilleuse, par la coiffeuse et par le producteur, Jacques Bar, avec lequel elle n'acceptera plus jamais de tourner[41], elle se sent mal et souffre de nausées. Elle termine le tournage et de retour à Paris, ses malaises augmentent. Elle se rend à Megève avec Vadim à l'insu de ses parents pour une interruption volontaire de grossesse[BB 7].


Brigitte Bardot en 1954[b].
Au cours du tournage, elle est également sollicitée par Paris Match qui la photographie lors d'un aller-retour entre Conches, Paris et Louveciennes. Ce premier long reportage est publié dans le numéro du 31 mai 1952[30] et le magazine le titre : « Cette jeune fille sera célèbre dans l’année », ajoutant « Brigitte Bardot, la nouvelle Leslie Caron ». L'article révèle qu'un second contrat, avec Willy Rozier, pour Manina, la fille sans voiles[42] est déjà signé. À nouveau pour un cachet de 200 000 anciens francs, Brigitte se rend à Nice pour deux mois de tournage, cette-fois dans des conditions acceptables: « Je m'attendais à l'enfer, je ne trouvais que le purgatoire. »[BB 8].

Fin 1952, elle tient un rôle avec Vadim dans Les Dents longues, mis en scène par Daniel Gélin et incarné[Quoi ?] par Danièle Delorme, des amis qui les reçoivent souvent.


En Italie, elle tourne en 1953 dans Haine, Amour et Trahison.
Début 1953, elle joue dans Un acte d'amour.

À l'automne 1953, André Barsacq lui propose de reprendre, au théâtre de l'Atelier, le rôle créé par Dany Robin dans L'Invitation au château, de Jean Anouilh. Au lendemain de la première, qui a lieu le 29 octobre 1953, elle reçoit les compliments de Jean-Jacques Gautier et la plupart des critiques sont bonnes[43].

Sachant que le réalisateur du film Si Versailles m'était conté… (1954), Sacha Guitry, cherche une comédienne « pas chère » pour jouer mademoiselle de Rosille, maîtresse d'un soir du roi Louis XV, interprété par Jean Marais, l'agent de Brigitte Bardot, Olga Horstig, lui propose de jouer une scène, ce qu'elle fait avec enthousiasme[BS 8].


Brigitte Bardot, Vittorio De Sica et Gloria Swanson dans Les Week-ends de Néron (1956).
La jeune actrice se rend ensuite à Rome, où du travail lui est promis ; à cette occasion, elle s'y lie d'amitié avec l’actrice Ursula Andress[DC 1]. Elle obtient un rôle dans un film américain, Hélène de Troie (1956), de Robert Wise. Toujours à Rome, elle tient le rôle principal d'une petite production italienne, Haine, Amour et Trahison (1954).

De retour en France, elle se voit proposer un rôle secondaire dans le film de René Clair, Les Grandes Manœuvres (1955), avec Michèle Morgan et Gérard Philipe en vedettes[44]. Le réalisateur Marc Allégret la dirige ensuite dans En effeuillant la marguerite (1956)[45]. Elle retourne alors à Rome pour le tournage du péplum Les Week-ends de Néron (1956).

Et Dieu… créa la femme et Bardot devient « BB » (1956)
Article connexe : Et Dieu… créa la femme.
Au Festival de Cannes 1956, véritable vedette, Brigitte Bardot éclipse les actrices confirmées que sont Sophia Loren et Gina Lollobrigida et son sex-appeal émeut la Croisette[46],[47].

Dans le même temps, Roger Vadim et Raoul Lévy terminent d'écrire un scénario intitulé Et Dieu… créa la femme. Après avoir failli ne pouvoir se réaliser faute de moyens financiers, le film est tourné à Saint-Tropez. Avec cette production, Brigitte Bardot entre dans la légende du cinéma mondial et devient un mythe vivant, un modèle social et un « sex-symbol » international[DC 2].


Vue de Saint-Tropez.
Brigitte Bardot y joue le rôle de Juliette Hardy, face à Curd Jürgens, à Christian Marquand et à Jean-Louis Trintignant, avec lequel elle noue une liaison[48]. Vadim, qui est toujours son mari, définit ainsi le personnage qu'elle interprète :

« Je voulais, à travers Brigitte, restituer le climat d'une époque. Juliette est une fille de son temps, qui s'est affranchie de tout sentiment de culpabilité, de tout tabou imposé par la société et dont la sexualité est entièrement libre. Dans la littérature et les films d'avant-guerre, on l'aurait assimilée à une prostituée. C'est dans ce film une très jeune femme, généreuse, parfois désaxée et finalement insaisissable, qui n'a d'autre excuse que sa générosité[49],[50]. »

Des scènes sont censurées, en particulier celle d'un cunnilingus[51].

En octobre 1956, Brigitte Bardot est invitée à Londres à la Royal Command Performance (en), pour le grand gala annuel, où elle est présentée à la reine Élisabeth II[52]. C'est l'occasion pour elle d'une rencontre furtive avec Marilyn Monroe qui l'impressionne beaucoup[53],[54].

Et Dieu… créa la femme sort le 28 novembre 1956, modestement dans trois salles à Paris. Sur les Champs-Élysées l'affiche signale « Dieu créa la femme… et le diable inventa BB ». Ces initiales vont bientôt conquérir le monde[ArticleSB 1]. Pour l'heure, en France, le film est accueilli avec une certaine réserve par la critique et suscite l’hostilité des milieux conservateurs[51],[55]. Brigitte Bardot est critiquée sans indulgence pour son verbe traînant et pour son articulation jugée douteuse[ArticleSB 1]. Paul Reboux dit d'elle qu'elle a « le physique d'une boniche et la façon de parler des illettrés[55]. »

Le film est soutenu par trois futures sommités de la Nouvelle Vague, Claude Chabrol, François Truffaut et Jean-Luc Godard, qui voient en Vadim un précurseur ; le public n'est pas au rendez-vous (en trois semaines d'exploitation, le film totalise 170 000 entrées à Paris et 60 millions d'anciens francs de recette, quand il en a fallu 140 pour le produire)[ArticleSB 1].


Bardot à Rome en 1957.
Raoul Lévy et Roger Vadim exploitent le film à l'étranger en espérant qu'il y sera un succès. Rebaptisé And God Created Woman[d], il fait un triomphe aux États-Unis, rapportant au dernier trimestre de 1957 deux millions de dollars, chiffre qui double en 1958 malgré l'hostilité des courants religieux souhaitant faire interdire le film (le phénomène est le même un peu partout en Europe)[ArticleSB 2].

Admirée autant qu’honnie[ArticleSB 2], Brigitte Bardot devient l’une des Françaises les plus connues outre-Atlantique[DC 3]. Les Américains inventent même le terme « bardolâtrie » pour décrire l'enthousiasme qu'elle suscite[DC 4],[14]. Simone de Beauvoir affirme qu'« [elle] marche lascivement et [qu']un saint vendrait son âme au diable pour la voir danser[14]. »

La sortie du film à Londres, en mars 1957, est bien différente de celle de Paris quelques mois auparavant : les salles sont combles, la presse est véhémente et le film est diffusé dans toute l'Angleterre. En Allemagne, l'enthousiasme est tel que des tumultes ont lieu dans les cinémas[ArticleSB 2].

Le film ressort alors en France et connaît un triomphe retentissant[ArticleSB 2]. Si un an plus tôt le « choc Bardot » n'a pas eu lieu, l'actrice semble désormais en avance sur son temps, préludant un changement profond de la féminité, le film Et Dieu… créa la femme apparaissant a postériori comme l'acte fondateur des bouleversements à venir[ArticleSB 2]. Cinémonde écrit :

« Le sex-appeal, c'est Marlene Dietrich, le glamour, c'est Ava Gardner, le oomph, c'est Jane Russell, le t'ça, c'est Suzy Delair, le pep, c'est Marilyn Monroe. Brigitte Bardot mélange tous ces ingrédients explosifs, y ajoute un zeste de fantaisie personnelle, elle sera le pschitt[DC 5],[28] ! »

Dès lors, les projets de films s'accumulent pour celle que l'on surnomme désormais « BB »[56]. Glenn Ford et Doris Day lui demandent d'être leur partenaire dans Le Père malgré lui, film américain dans lequel elle refuse de jouer[DC 6]. En 1958, Brigitte Bardot devient l'actrice française la mieux payée du cinéma français[57]. Après Et Dieu… créa la femme, Raoul Lévy lui fait signer un contrat pour quatre films. Douze millions de francs français pour le premier film, quinze millions pour le second, trente millions pour le troisième et quarante-cinq millions pour le quatrième. Elle reçoit cinq pour cent des recettes pour le film Les Bijoutiers du clair de lune[58].

D'Une Parisienne à Babette s'en va-t-en guerre (1957-1959)

Brigitte Bardot en Italie (1958).
Rentrée en France, elle tourne dans Une Parisienne de Michel Boisrond, avec Henri Vidal et Charles Boyer. Le film a un grand succès[59]. L'actrice se rend ensuite en Espagne pour jouer dans Les Bijoutiers du clair de lune. De retour à Paris, elle enchaîne avec le film En cas de malheur, avec Edwige Feuillère et Jean Gabin. Elle panique à l'idée de tenir un rôle aussi sérieux avec des acteurs si reconnus et ne parvient pas à prononcer son texte correctement, ce qui suscite la colère du réalisateur, Claude Autant-Lara. Jean Gabin, sentant sa timidité et son affolement, se trompe volontairement dans la prise suivante. Pour l'acteur, Brigitte Bardot fait preuve d'un culot considérable dans ce qui semble être de la maladresse. Gabin considère qu'elle a « la nature instinctive des grands, un ton, une étrangeté absolue, entre brutalité et candeur. » L'atmosphère s’étant détendue, rassurée, Brigitte Bardot joue correctement[DC 7],[60]. Sélectionné à la Mostra de Venise, le film bien qu'accueilli avec une certaine réserve provoque des émeutes.


Brigitte Bardot à la Mostra de Venise (1958).
« Brigitte a un pouvoir sur les foules » déclare Claude Autant-Lara. Des avions dessinent dans l'azur vénitien ses initiales. Plusieurs centaines de journalistes assiègent le hall de l'hôtel où elle réside, passant ses journées enfermée dans sa chambre. Brigitte Bardot ne s'appartient plus, ce constat est pour elle un tournant. Quatre mois plus tôt, elle a acquis une petite demeure de pêcheur à Saint-Tropez nommée La Madrague, un lieu qui va devenir son refuge, son havre de paix.

Elle écrit dans ses Mémoires :

« Je me crée mon monde à l'intérieur du monde des autres et j'essaie de ne pas trop en sortir. […] Un des buts de mon existence, conserver un monde à moi, le plus joli possible, le plus honnête possible[ArticleSB 2]. »


En 1959, l'actrice fait la une de la revue américaine Screenland.
L'actrice reçoit en 1958, puis jusqu'en 1961, le premier prix de popularité décerné par Ciné Télé Revue[61].

En 1959, elle tourne le film Babette s'en va-t-en guerre[62], qui est un succès[DC 8], elle y partage l'affiche avec Francis Blanche et avec Jacques Charrier, qu'elle épouse à la fin du tournage, le 18 juin 1959[63],[64]. Nicolas, leur enfant, nait sept mois après, le 11 janvier 1960[65]. Cette année-là, Brigitte Bardot lance la mode du vichy à carreaux[66],[67], des cheveux longs et blonds, ainsi que des ballerines[68].

L'acteur américain John Wayne évoque son souhait de jouer à ses côtés en 1960[DC 6], un projet qui reste sans lendemain. Son agent lui fait alors savoir que Raoul Lévy et Henri-Georges Clouzot lui proposent de tourner à partir de mai 1960 dans La Vérité. Mais son mari lui refuse la lecture du scénario et s'oppose à tout ce que lui propose Clouzot[65].

Années 1960
La Vérité (1960)

Publicité de 1960 pour le film Voulez-vous danser avec moi ?.
En préparation du film La Vérité, la comédienne fait des essais avec plusieurs jeunes acteurs, dont Jean-Paul Belmondo, Hugues Aufray, Gérard Blain, Marc Michel, Jean-Pierre Cassel et Sami Frey qui est finalement choisi pour lui donner la réplique aux côtés de Charles Vanel, Paul Meurisse, Louis Seigner, Marie-José Nat et Jacqueline Porel[69].

En mai 1960, au moment du tournage, Brigitte Bardot fait face à des difficultés dans sa vie privée. Son époux Jacques Charrier, déclaré définitivement inapte au service militaire, est hospitalisé, puis soigné à domicile[BB 9].

Elle apprend également par Pierre Lazareff, ami et parrain de son fils Nicolas et grand patron de presse, que le secrétaire personnel de Brigitte, Alain Carré, a négocié la vente de ses mémoires à Max Corre, le rédacteur en chef de France Dimanche, pour la somme de 50 millions d'anciens francs, mettant ainsi ses secrets et sa vie privée sur la place publique. Elle le licencie et demande par voie de référé la communication du manuscrit ne varietur afin d'exercer un droit de regard[70]. Le 19 juillet, elle est déboutée, sur le principe qu'accorder à un tiers un droit de regard sur un texte peut être considéré comme un rétablissement du principe de censure préalable et porter ainsi atteinte aux droits des citoyens en vertu de la liberté d'édition établie par la charte du 4 juin 1840[71]. Selon ses dires, elle fait alors conclure par la suite un accord entre son avocat Maître Jean-Pierre Le Mée et la Franpart, le groupe Elle, France-Soir, France-Dimanche et Ici-Paris, dont Lazareff est le patron. Le texte fait l'objet d'une relecture complète par l'intéressée où seuls les éléments faux sont demandés à être supprimés. La relecture a lieu à son domicile avec Max Corre et dure plusieurs jours[BB 9].


Bardot et Jacques Charrier en Italie (1960).
Clouzot est exigeant et le tournage de La Vérité s’avère éprouvant. Dans une scène, alors qu'elle doit pleurer, Bardot ose un sourire avant qu'il ne dise « moteur ». Contrarié, le réalisateur la saisit par les épaules, la secoue et écrase de son talon le pied de l'actrice qui éclate en sanglots. « Je n'ai pas besoin d'amateurs dans mes films, je veux une actrice », crie Clouzot. Bardot lui répond par une gifle et lui rétorque « et moi j'ai besoin d'un metteur en scène, pas d'un malade ». Profitant de l'instant, Clouzot veut tourner la scène, alors l'actrice quitte le plateau en chantonnant « Je suis comme je suis/Et n’y peux rien changer» de Juliette Gréco[ArticleSB 3]. Selon ses propres dires, Brigitte Bardot fait ensuite constater par huissier sa blessure et informe la production qu'elle ne reviendra qu'après sa guérison et les excuses de Clouzot[BB 10].

Des années plus tard, Clouzot, qui considère que diriger des acteurs se résume à « pousser ses interprètes à bout » et n'hésite pas à recourir à la violence tant physique que psychologique afin d'en obtenir le meilleur, confie à Roger Vadim : « C’est la seule fois que j’ai été frappé en public. J’ai adoré[ArticleSB 3]… »


Brigitte Bardot tenant la main de Sami Frey à Rome, en 1963.
Chaque matin, le réalisateur demande aux techniciens de quitter le plateau pour avoir un face à face seul avec l'actrice et la déstabiliser psychologiquement afin qu'elle restitue de manière plus véridique à l'écran la vulnérabilité de son personnage. Il est aisé à Clouzot de l'ébranler alors qu'elle est en proie à une dépression périnatale. Lui murmurant à l'oreille, il lui évoque des éléments de sa vie personnelle comme la dépression de son époux, Jacques Charrier, sa relation difficile avec ses parents, sa liaison naissante avec son partenaire Sami Frey, ses difficultés à assumer son rôle de mère[réf. nécessaire]. Et dès que les larmes coulent, il rappelle subrepticement l'équipe et commence à tourner la scène. Lorsque ses pleurs se font plus intenses, l'actrice l'interpelle comme elle le mentionne dans ses mémoires : « Tu sais, tu as été les chercher loin, celles-là[ArticleSB 3]. »

Le cinéaste va plus loin encore. Dans une scène de suicide, qui s'achève par un coma de son personnage, peu convaincu par l'interprétation de Brigitte Bardot, il lui propose de boire un verre d'eau avec de l'aspirine, qu'il remplace à son insu par des barbituriques avec de l'alcool. Elle met quarante-huit heures à se réveiller et son père menace le réalisateur d'un procès. Le différend se règle à l'amiable et Raoul Lévy lui envoie un engagement écrit à ne plus réitérer un tel abus[ArticleSB 3],[BB 11].


Au début des années 1960, le « look Bardot » connaît un certain succès.
Dans une interview du 1er juin 1960 pour le Journal de la nuit[72], Brigitte Bardot déclare s'entendre très bien avec Clouzot et que c'était son désir de tourner avec le metteur en scène. Le journaliste Mario Beunat déplace la conversation (« Vous vous placez uniquement sur le plan professionnel du metteur en scène, mais en ce qui concerne les rapports humains… »), fait des blagues douteuses sur la « mise à nu » de la vérité et, dans une attitude de séduction, recherche des confidences exclusives sur les « rapports humains » avec le réalisateur et l'intimité et la vie personnelle de l'actrice[73].

Jean-Marie Périer, stagiaire à Paris Match, est chargé par Roger Thérond de faire des clichés de Bardot en larmes. En 1960, les photos de la vedette en pleurs sont rares et négociées à prix d'or. « Il fallait qu’elle soit triste, c’était très demandé » se souvient Raymond Depardon, débutant à l'époque. Périer la surprend à Louveciennes, dans la propriété de ses parents et arrache un cliché de son visage en larmes. Tout en s’excusant, il part en courant. Il la retrouve sans le vouloir quelques semaines plus tard sur le plateau de La vérité où il vient voir sa propre mère, l’actrice Jacqueline Porel, interpréter une avocate. Bardot lui lance : « Je vous pardonne[ArticleSB 4]. »

La plaidoirie de Brigitte Bardot, dans une scène du procès de la meurtrière qu'elle incarne, est, a posteriori, l'un des moments forts de la carrière de l'actrice. La scène se tourne en une seule prise, Clouzot a réfuté toute répétition. L'actrice fait face à ses juges, aux avocats, au public, qui tous la condamnent par anticipation. Le long monologue s'achève par ce trait : « Vous voulez me juger, mais vous n'avez jamais vécu, jamais aimé ! » Les techniciens sur le plateau applaudissent la prestation[ArticleSB 3].

La Vérité attire près de six millions de spectateurs, ce qui constitue le plus grand succès commercial de la carrière de Brigitte Bardot et qu'elle considère elle-même comme son meilleur film et son plus grand rôle. À l'issue du tournage, Brigitte Bardot quitte Jacques Charrier pour Sami Frey[ArticleSB 4]. Alors que le scandale éclate, Brigitte Bardot trouve refuge à Menton chez une amie[74].

Tentative de suicide (1960)

Brigitte Bardot en 1961[e].

Brigitte Bardot en 1961.
La Vérité sort dans les salles parisiennes le 2 novembre 1960. Le film est bien accueilli par la critique et connaît un énorme succès public[ArticleSB 3]. Bardot le considère comme son meilleur film et son plus grand rôle, qui se trouve être le plus grand succès commercial de sa carrière, avec près de 6 millions d'entrées[ArticleSB 3] (il est récompensé dans de nombreux festivals internationaux et nommé à l'Oscar du meilleur film étranger 1961[75]). Ce jour de première, Brigitte Bardot est absente. Quelques semaines plus tôt, le 28 septembre 1960, jour de son anniversaire, elle est trouvée, inconsciente, aux alentours d'une bergerie, près de Menton. Elle a avalé des barbituriques et s'est tranché les veines des poignets[ArticleSB 3]. L'ambulance qui l'emmène à l'hôpital est contrainte de s'arrêter, des photographes, prévenus, peu soucieux de son état alarmant, barrant la route au véhicule, prennent des photos, puis la laissent repartir vers les urgences[DC 9]. Elle reprend connaissance dans un hôpital de Nice 48 heures plus tard.


Marcello Mastroianni et Brigitte Bardot sur le tournage en Italie (1961).
Sa tentative de suicide fait les gros titres des journaux comme France Dimanche et Ici Paris. À sa sortie de l'hôpital, elle doit faire face à la réaction du public. Sa convalescence se passe à Saint-Tropez, où sa mère ne la laisse jamais seule. Sami Frey, qui a réussi à se faire réformer, lui demande de venir le retrouver près de Paris. La réalisation du film La Bride sur le cou débute en janvier 1961. Après trois semaines de tournage à la demande de l'actrice auprès des producteurs, le metteur en scène Jean Aurel, qu'elle juge médiocre, est remplacé par Roger Vadim[DC 10].

En 1961, Brigitte Bardot et Alain Delon apparaissent pour la première fois ensemble à l’écran dans Les Amours célèbres de Michel Boisrond[76]. Ils y forment un couple tragique dans l’épisode consacré à Agnès Bernauer : Bardot incarne la fille d’un barbier, tandis que Delon prête ses traits à un duc de Bavière[77],[78],[79].

Vie privée de Louis Malle : tournage mouvementé (1961)

Bardot en Italie, lors du tournage de 1961.

Brigitte Bardot dans Vie privée (1962).
Elle accepte alors de jouer dans Vie privée, adapté de sa propre vie, sous la direction de Louis Malle[ArticleSB 4]. Le tournage a lieu à Genève, en Suisse. Au cours d’une scène avec Marcello Mastroianni, un pot de géraniums tombe à trois centimètres de sa tête, puis l'équipe est bombardée de tomates, de vieux cageots et de pots pleins d'eau. Bardot est insultée de toutes parts : « La putain, en France. Qu'elle aille chez elle faire ses saloperies. La paix en Suisse. Qu'elle crève. Des ordures pour les ordures. Qu'on rouvre les maisons closes pour la mettre dedans avec une caméra[ArticleSB 4]. » On retrouve l'anicroche dans une scène du film, où son personnage est crûment invectivé par une femme de ménage :

« J'en ai assez de voir votre tête partout […]. Est-ce que vous n'allez pas bientôt leur foutre la paix à tous ces pauvres garçons […] ? Mais qu'est-ce que vous êtes donc ? Une chienne ? […] Ça gagne des millions pour se montrer à poil et pendant ce temps-là, mon frère, il est en Algérie. »

La réalisation se poursuit de façon plus apaisée à Paris et à Spolète en Italie et demeure pour l'actrice, avec La Vérité son film préféré. Son personnage a de la compassion pour les animaux, elle retrouve la barre de la danseuse classique qu'elle fut jeune fille et chante Sidonie (la chanson comme la plupart de celles qu'elle interprète par la suite, est signée Jean-Max Rivière ; initialement Sidonie était prévue pour le film Voulez-vous danser avec moi ?)[ArticleSB 4],[80].

Le 12 novembre 1961, une lettre de menace de l'OAS[BB 12] exigeant d'elle la somme de 50 000 francs pour soutenir les activistes de l'Algérie française lui parvient. L'actrice met son fils en sécurité en Suisse. Son père demande à la police de protéger le domicile de sa fille, mais en vain.

Elle porte plainte pour tentative de chantage et extorsion de fonds[81]. Elle décide également de divulguer la lettre de chantage dans le magazine L'Express[82], hebdomadaire très engagé contre la guerre d'Algérie, et de l'accompagner d'une réponse sous forme de lettre ouverte. Elle y déclare notamment :

« Je suis persuadée, en effet, que les auteurs et les inspirateurs de ce genre de lettre seront rapidement mis hors d'état de nuire s'ils se heurtent partout à un refus net et public de la part des gens qu'ils cherchent à terroriser par leurs menaces et leurs attentats. En tout cas, moi, je ne marche pas parce que je n'ai pas envie de vivre dans un pays nazi[ArticleSB 4]. »

Son père reçoit une autre lettre de chantage de membres de l'OAS menaçant cette fois de vitrioler Brigitte Bardot si les 50 000 francs demandés ne sont pas versés[83]. Elle recourt alors à une police privée et fait surveiller son immeuble jour et nuit. La lettre ouverte de Brigitte Bardot suscite des réactions polarisées dans la presse et la société, lui conférant un nouveau profil politique[84].

Au Royaume-Uni, le quotidien londonien The Times lui rend hommage dans son éditorial du 1er décembre 1961 et fait son éloge pour son refus de se soumettre au chantage des « percepteurs » de l'OAS qui donnera le courage de résister aux victimes de menaces analogues et conclut ainsi : « L'O.A.S. fait preuve de maladresse, en même temps qu'elle a manqué de galanterie[85]. »


Roger Vadim et Bardot à Florence, lors d'une soirée en 1962.
En France, à gauche, le quotidien L'Humanité lui consacre plusieurs jours d'affilée des articles dans ses pages politiques et en une. Le syndicat français des acteurs lui exprime sa solidarité. Un éditorial politique de Libération titre « B.B.B. = Bravo Brigitte Bardot ». À droite, L'Aurore publie une fausse information qui devra être démentie « B.B. s'en va à Varsovie et à Moscou » et fait disparaître son nom de la rubrique « Choisissez la vedette que vous voulez voir » où elle figurait régulièrement. Ici Paris ne la met plus en couverture pendant deux mois. Pour Aux écoutes, la lettre est un faux, rédigé par les conseillers en relations publiques de Bardot. À Alger, elle est sifflée dans les cinémas. France-Soir publie deux photos côte à côte : une Brigitte Bardot en sari avec la légende « B.B. boycottée à Alger », et une autre en pantalon corsaire avec la légende « B.B. soutenue par ses camarades ». Pour son numéro de nouvel an 1962, Le Canard enchaîné salue « notre B.B. nationale », la qualifiant de « la fille la plus déshabillée de l'écran, mais aussi la plus culottée » en terminant par ces mots : « Bravo Brigitte, on préfère votre plastique au leur[84] ! »

Le 5 janvier 1962, alors que son domicile est surveillé et qu'elle craint toujours un attentat, elle se rend sur le plateau de Cinq colonnes à la une pour dénoncer les méthodes barbares des abattoirs. Elle fait intervenir dans l'émission le jeune militant pour la cause animale Jean-Paul Steiger qui s'est infiltré dans un abattoir et a photographié les conditions d'abattage par égorgement des animaux dans les abattoirs de Paris. Elle explique en direct les méthodes d'anesthésie par pistolet déjà utilisées dans d'autres pays[86].

À la suite de l'émission, elle obtient encore en janvier un rendez-vous avec le ministre Roger Frey, ministre de l’Intérieur pour lui présenter les pistolets d'abattage. Elle s'entretient également avec lui des menaces dont elle fait l'objet.

En février 1962, elle entame un tournage de 3 mois à Dijon, en Italie et à Fort Boyard, aux côtés de Robert Hossein pour l'adaptation par Roger Vadim du roman de Christiane Rochefort, Le Repos du guerrier.

Le Mépris, film culte signé Godard (1963)
Le 5 août 1962, Brigitte Bardot apprend à la radio la mort de Marilyn Monroe (découverte morte dans la nuit, après l'absorption de barbituriques). Le suicide évoqué et probable de la star américaine affecte grandement Brigitte Bardot, consciente des similitudes de destins entre elles, de l'éphémère de la gloire, paniquée, elle déclare à son ami et parolier Jean-Max Rivière : « Que vais-je devenir[ArticleSB 5] ? »


À Florence, en Italie, lors du tournage du film Le Mépris, elle est accompagnée de Michel Piccoli.
Ce même mois, son compagnon Sami Frey répète la pièce Pour Lucrèce de Jean Giraudoux avec Anna Karina. Cette dernière est l'épouse du réalisateur Jean-Luc Godard et les deux couples se retrouvent souvent dans une brasserie parisienne. Des affinités se créent et Brigitte Bardot, qui sait que Godard travaille à une adaptation cinématographique de ce roman, lui fait savoir qu'elle a adoré Le Mépris d'Alberto Moravia. Godard cherche une actrice pour son film, Bardot veut le rôle, elle qui, au moment de Et Dieu créa la femme, incarnait aux yeux du cinéaste « la modernité » s'est depuis lors compromise, selon lui, avec Autant-Lara et avec Clouzot, et l'envie n'est plus là : « Étant donné que Bardot est devenue ce qu'elle est… », a-t-il déclaré. Or, le choix n'incombe pas à Jean-Luc Godard et le producteur américain (installé en Europe), Joseph E. Levine est catégorique : ce sera Bardot ou rien et le film se fera avec elle ou ne se fera pas. Bardot est confirmée et engagée pour un cachet d'un million de dollars, soit la moitié du budget total[ArticleSB 5].

Pour souhaiter une bonne année 1963 aux téléspectateurs, la comédienne accepte d’interpréter des chansons de divers auteurs et compositeurs, notamment de Serge Gainsbourg — qu'elle vient de rencontrer et qui lui a écrit L'Appareil à sous — ainsi que Jean-Max Rivière sur des compositions de Gérard Bourgeois, tout en dansant sur des airs du folklore d'Amérique latine[87].


Brigitte Bardot et Bill Mumy dans le film Chère Brigitte (1965).
Le tournage du Mépris commence à Rome, aux studios Cinecittà, le 22 avril 1963[88], il se déplace ensuite à Sperlonga et s'achève près de Capri, à la Villa Malaparte[ArticleSB 5]. Le partenaire principal de Bardot, Michel Piccoli, n'est autre à l'écran que le double de Godard. Son rôle est celui d'un scénariste attirant à l'esprit veule, qui sur la proposition d'un producteur américain (incarné par Jack Palance), accepte de réécrire une adaptation de L'Odyssée d'Homère, mis en scène par un réalisateur allemand (Fritz Lang à l'écran), qui, arrivé en Italie, prend conscience que sa femme se détourne de lui. Brigitte Bardot se rend très vite compte que Jean-Luc Godard évolue dans un univers totalement différent du sien : silencieux, masquant ses yeux par de sombre lunettes, ou le regard fuyant, il la tétanise, bien qu'elle ignore qu'elle le pétrifie tout autant.

Le réalisateur va pourtant réussir à la diriger. À la suite d'un pari perdu avec lui, Brigitte Bardot consent à renoncer à sa célèbre coiffure et à brider ses cheveux par un serre-tête. L'actrice a très vite conscience qu'en la filmant le réalisateur veut recouvrer Anna Karina, lui demandant même de reproduire sa démarche. Un mimétisme qu'il pousse jusqu'à lui imposer le port d'une perruque noire. Les paroles crues qu'elle prononce devant la caméra, sont celles de l'épouse de Godard dans la vie. Bardot réalise qu'avec ce film le réalisateur met autant en scène sa liaison épuisée que celle brisée conçue par Moravia dans son roman. L'actrice n'est pas coutumière d'être à ce point inhabitée par un rôle et elle n'apprécie guère cet état. Ce film sur la douleur d'un amour n'est pas celui qu'elle s'imaginait à la lecture du livre[ArticleSB 5]. Godard, qui confie à l'actrice « ne rien comprendre, la filme comme un sphinx » et celle dont même le célèbre phrasé paraît morne, semble ailleurs. Seul Fritz Lang, avec lequel elle partage une même passion pour les animaux, lui fait part de son admiration. En guise de conclusion, le réalisateur l'expose toutefois dans un décor de rêve qui la sublime : la villa de Curzio Malaparte, élevée sur un rocher au-dessus de la Méditerranée, où Bardot/son personnage annonce à son mari que leur liaison est terminée[ArticleSB 5].

Lors de sa sortie, Le Mépris reçoit un accueil mitigé de la part du public et de la critique. Néanmoins, Jean-Louis Bory écrit :

« Le véritable Et Dieu… créa la femme, c'est Godard qui l'a tourné, et cela s'appelle Le Mépris. […] Ce que Vadim a imaginé dans son premier film, mais n'a plus été capable de réaliser, ce que Louis Malle a raté dans Vie privée, Godard l'a réussi. Le Mépris est le film de Bardot, parce qu'il est le film de la femme telle que Godard la conçoit et telle que Bardot l'incarne. Si le phénomène Bardot doit représenter plus tard quelque chose dans l'histoire du cinéma, au même titre que Garbo ou Dietrich, c'est dans Le Mépris qu'on le trouvera. Je ne sais dans quelles conditions le tournage a eu lieu ni si Bardot et Godard se sont bien entendus. Le résultat est là : il y a rarement eu entente aussi profonde (consciente ou non consciente, je suppose, chez Godard) entre une actrice et son metteur en scène[89]. »

Le critique cinématographique René Prédal estime que l'avenir a donné raison à l'avis de Jean-Louis Bory, et la scène de nu qui ouvre le film, ajoutée pour répondre aux exigences du producteur Joseph Levine[90], est devenue une scène-culte : Brigitte Bardot, allongée sur le ventre, nue sur un lit, interroge Piccoli (son époux à l'écran), sans retenue sur ses charmes :

« … Mes pieds tu les trouves jolis ? Et mes genoux, tu les aimes, mes genoux ? Et mes cuisses ? […] Qu'est-ce que tu préfères mes seins ou la pointe de mes seins ? et mes fesses, tu les trouves jolies, mes fesses ? Et mon visage, tu l'aimes mon visage ? »

Godard détourne l'exigence de la production par cet « effeuillage verbal » empreint d'érotisme et habille le corps de Brigitte Bardot par l'emploi de filtres de couleurs, rouge, blanc ou bleu, en alternance[91],[92],[ArticleSB 5].

C'est pendant le tournage qu’a lieu sa séparation d’avec Sami Frey.

De Viva María! au festival de Cannes (1964-1967)

Brigitte Bardot au Brésil en 1964.
Elle noue une nouvelle idylle avec le musicien brésilien Bob Zagury, avec lequel elle part en vacances à Rio de Janeiro. À son arrivée le 8 janvier 1964, elle fuit les photographes et doit s'isoler dans son appartement pour échapper à la foule et à l'émeute que provoque sa venue. Les chroniqueurs font des conjectures sur un éventuel mariage et sa capacité diplomatique à aider à effacer le gâchis provoqué par la « guerre de la langouste » entre le Brésil et la France[93].

Brigitte Bardot enchaîne avec une comédie policière, Une ravissante idiote, adaptée du roman de Charles Exbrayat et réalisée par Édouard Molinaro.

On lui propose une apparition de deux jours dans un film américain, Chère Brigitte, qui lui rend hommage, avec James Stewart en vedette[DC 11].

En juin 1964, Joséphine Baker lance un appel pour sauver sa propriété du Périgord, le château des Milandes, dans laquelle elle avait recueilli tous ses enfants. Émue et bouleversée par la détresse de la danseuse, Bardot participe à son sauvetage en lançant un appel à la télévision en sa faveur[94],[95].

Pendant ce temps, Louis Malle veut lui faire donner la réplique à Jeanne Moreau dans une parodie de western à grand spectacle et gros budget, tourné au Mexique : Viva Maria !. Son agent lui explique que c'est la chance de sa vie, un moyen de prouver au monde qu'elle est mieux que jolie et très différente de l'image stéréotypée qui circule dans les salles de rédaction. La décision s'avère difficile à prendre, mais il lui faut relever le défi : accepter d'avoir Jeanne Moreau comme partenaire et réussir à l'égaler dans l'estime du public[DC 12].

Le 28 septembre 1964, Brigitte Bardot fête son 30e anniversaire. Paris Match lui envoie un de ses plus illustres reporters et son meilleur photographe. La presse mondiale s'empare de l'événement : « B.B. a 30 ans ! »[DC 13]. Avant d'aller au Mexique, elle part à Noël pour Buzios, un village du Brésil, en compagnie de son compagnon brésilien Bob Zagury. Dès lors, Buzios connaît le même engouement que Saint-Tropez et en remerciement, les Brésiliens érigent une statue à son effigie, sculptée par Christina Motta[DC 14].

Le tournage de Viva María! commence fin janvier 1965 à Mexico. Quelques mois plus tard, le film sort officiellement à New York et à Los Angeles[DC 15]. Lors de la campagne promotionnelle dans ces villes, une journaliste lui pose la question « Que mettez-vous pour dormir ? » et e